5.20.2020
DÉCLARATION DE KERRY KENNEDY SUR LA DÉTENTION ILLÉGALE DE LA CANDIDATE CATHY KEZIMANA DU CNL AU BURUNDI

[New York/Washington D.C., 20 mai 2020] Avant les élections générales du 20 mai au Burundi, les autorités burundaises et les membres du parti au pouvoir ont utilisé des tactiques de peur et de violence pour étouffer et réprimer l’opposition politique. Plus récemment, les autorités ont arrêté l'ancienne défenseuse des droits humains et candidate politique Cathy Kezimana en représailles à un discours de campagne qu'elle a prononcé critiquant le bilan de l'État en matière de droits humains.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par l'intensification de la violence et de la répression exercées par les membres du parti au pouvoir au Burundi contre leurs opposants politiques », a déclaré Kerry Kennedy, la présidente de Robert F. Kennedy Human Rights. « Des élections libres et la liberté d'expression sont les pierres angulaires de toute démocratie fonctionnelle. En harcelant, en arrêtant et en détenant ses opposants politiques, les autorités burundaises veillent à ce que les élections nationales de cette semaine ne se déroulent pas équitablement. Nous nous joignons à la communauté internationale et à la société civile burundaise pour demander la libération immédiate de la candidate du CNL Cathy Kezimana et la cessation du harcèlement et de la violence contre les membres de l'opposition ».

Le 5 mars, lors de sa tournée de campagne au sud du Burundi, la voiture de Kezimana a été interceptée par un convoi de police dirigé par le commissaire provincial de Bujumbura, un membre du parti au pouvoir. La police l'a arrêté et l’a emmené au parquet de Bujumbura où un juge l'a interrogé pendant 15 minutes avant de l'envoyer à la prison de Mpimba où elle est actuellement détenue. Kezimana est membre franc du parti d'opposition, le Conseil national de la liberté (CNL), et candidate parlementaire aux prochaines élections législatives de la province de Bujumbura, qui était en deuxième position au moment de son arrestation. La police l'a accusée d'avoir fait des remarques mensongères et insultantes qui « violent l'honneur » du régime lors d'un discours de campagne où elle a mentionné des détentions illégales et des Burundais qui ont été contraints à l'exil par le régime. Selon ses avocats, Kezimana a été inculpée de trois crimes (1) discours de haine (2) insultes publiques (3) et menaces contre l'autorité. Son avocat a été informé que le Ministère Public a transmis une liste des membres incarcérés de CNL qui devraient être rayés de la liste électorale en violation du code électoral de Burundi. Le nom de Kezimana est inclue sur la liste, même qu'elle n’a pas encore été présentée devant le juge en chambre de conseil afin qu’il se prononce sur sa détention -- démontrant que l'arrêt et la détention de Kezimana sont politiques.   

Pendant sa détention, la santé de Cathy Kezimana s’est considérablement détériorée, mais elle n’a pas encore reçu de soins médicaux appropriés et sa famille continue à être refusée de la visiter malgré la détérioration de sa santé. 

Nous demandons la libération immédiate de Cathy Kezimana et l'abandon des accusations sans fondement faites a son egard. Nous exhortons le gouvernement burundais à cesser tous les actes de répression de la dissidence et de l’opposition politique et à respecter pleinement les droits humains des Burundais.